LA SAISON DES TIQUES

Le printemps signe le retour des ectoparasites : toutes les petites bêtes dotées d’un appareil piqueur/suceur de sang – puces, poux, tiques, aoûtats – se donnent rendez-vous sur notre dos ! Bien que les puces et les poux soient plus ou moins présents tout au long de l’année…

Outre le fait que les piqûres peuvent parfois être douloureuses et irritantes en raison d’une réaction à la salive allergisante, la transmission de maladies est un problème préoccupant. La tique en est un exemple bien connu grâce à la tristement célèbre maladie de Lyme.

La tique (ou plutôt les tiques, car il en existe plusieurs espèces) est un acarien, donc a quatre paires de pattes à l’âge adulte. Elle s’attaque à de nombreux vertébrés, même à sang froid. La saison des tiques démarre de plus en plus tôt en mars et se termine en octobre, réchauffement climatique oblige. Elles sont actives entre 7 et 25°, affectionnent les lieux humides, bois, prairies, jardins, et se perchent au bout d’un brin d’herbe ou d’une branche pour s’accrocher au pelage ou aux vêtements.

Une tique vit plusieurs années et ses larves et nymphes parasitent de petits animaux tandis que les adultes se fixent sur les plus gros (bétail, chien, homme). La femelle va se fixer sans occasionner de douleur grâce à sa salive anesthésiante, et se gorger de sang pour assurer le développement de ses œufs, en augmentant son volume de près de 600 fois. Ensuite, elle se laisse tomber au sol pour pondre. Si la tique n’a pas transmis de maladie1, les seuls signes sont une démangeaison et une rougeur pendant deux ou trois jours.

Il est important d’être prudent en cette saison, en évitant les zones à herbes hautes, les sous-bois embroussaillés, en rentrant le bas des pantalons dans les chaussettes même si ce n’est pas très esthétique, et en appliquant un mélange répulsif3 sur le bas des vêtements et le pelage des animaux, même si ce n’est pas efficace à 100%. On peut repérer assez facilement une tique quand elle est fixée, il est donc important d’inspecter souvent le pelage de nos animaux familiers, et soi-même minutieusement après une balade dans la nature. Plus on enlève la tique rapidement, plus on limite le risque de maladie. Le tire-tique vendu en pharmacie permet de l’enlever sans arracher le rostre (appareil buccal) qui pourrait rester accroché sous la peau. Une pince peut aussi faire l’affaire. Exercer une traction constante, sans à-coup. Surtout n’utiliser ni éther ni autre produit qui provoquerait la régurgitation de la tique et donc l’injection des germes. Brûler la tique après l’avoir détachée. Ensuite savonner la plaie, rincer, et appliquer un mélange désinfectant d’huiles essentielles2. Consulter un médecin si un érythème apparaît au bout de trois jours (risque de maladie de Lyme), si la tique est restée accrochée plus d’une journée, si elle est gorgée de sang, s’il s’agit d’une femme enceinte. Consulter le vétérinaire si le chien ou le chat a de la fièvre ou est abattu.

Et si vous êtes pris de démangeaisons après la lecture de cet article, c’est sans doute seulement votre imagination qui travaille !

Christine Hanras, Docteur en Pharmacie.

Photo : femelle d’Ixodes ricinus, ainsi nommée pour sa ressemblance avec la graine de Ricin.

1 : Maladies humaines transmises par les tiques :

Bactériennes : borrelioses (maladie de Lyme et fièvres récurrentes à tiques), rickettsioses (fièvre Q, fièvre boutonneuse méditerranéenne, fièvre pourprée des montagnes rocheuses, typhus, etc), ehrlichioses.

Virales : syndromes méningo-encéphalitiques, syndromes hémorragiques, syndromes dengue-like.

Parasitaires : babébioses .

Maladies du chien :

Bactériennes : ehrlichiose, borréliose ou maladie de Lyme, anaplasmose.

Parasitaires : piroplasmose (babésiose) , hépatozoonose.

2 : Mélange désinfectant à appliquer sur la piqûre de tique (1 gtte trois fois par jour pendant deux ou trois jours, à préparer dans un flacon compte-goutte) : Huile essentielle de Tea tree 50 gouttes, huile essentielle de Lavande vraie 30 gouttes, huile essentielle de Thym à thujanol 5 gouttes. À défaut utiliser de l’huile essentielle de Tea tree ou de Lavande vraie pure. (ne pas utiliser l’HE de Thym pure, car elle est dermocaustique).

3 : Mélange répulsif : dans un flacon pulvérisateur, compter 20 gouttes d’huile essentielle de  Lavande vraie, 20 gouttes d’huile essentielle d’Eucalyptus citronné, 20 gouttes d’huile essentielle de Tea tree, 20 gouttes d’huile essentielle de  Géranium rosat, 5 gouttes d’huile essentielle de  Menthe poivrée, ajouter 50 ml d’alcool à 60° ou de vinaigre. Vaporiser sur les vêtements au niveau des chevilles, de la ceinture, les cheveux au niveau de la nuque. Pour le chien, utiliser le même mélange sans Menthe poivrée ni Eucalyptus citronné, appliquer sur les mains avant de frotter le pelage derrière les oreilles et sur l’échine, où il ne peut pas se lécher, puis un peu la croupe et le ventre, ou bien vaporiser sur son collier avant de le lui remettre. Pour le chat, qui métabolise très lentement les huiles essentielles et peut s’intoxiquer, utiliser un hydrolat de Géranium rosat à appliquer de la même manière que pour le chien. Pour les chevaux, ânes, vaches, moutons, l’huile essentielle de Lavandin (40 gttes pour 50ml de vinaigre) est un bon répulsif et sera moins coûteux.