STRESS POSITIF (EUSTRESS*)

On a souvent dit du stress qu’il est le mal du siècle. Il laisse progressivement cette première place au « burn-out »1, sa suite logique mais pas inéluctable…

Le stress est un superbe mécanisme de survie, indispensable dans les situations d’urgence. Depuis toujours, dans le règne animal (et même végétal), il donne les moyens de survivre en cas de menace. On peut le ressentir lorsque quelque chose nous fait sursauter : la réaction immédiate est une accélération du cœur, la chair de poule, le corps est prêt à la défense ou à la fuite. Quand on réalise que c’était juste un courant d’air ou un chat, le soulagement et un éclat de rire chassent les effets du stress et on oublie… Et si on pouvait effacer le stress volontairement ?

Au départ tout se joue au niveau chimique : le cerveau détecte une menace et donne aux glandes surrénales l’ordre de libérer des hormones2 : adrénaline et noradrénaline, qui vont accélérer le cœur et augmenter la pression artérielle. Les muscles engrangent de l’énergie sous forme de glucose. Le système immunitaire est stimulé pour préparer aux blessures. Toutes les fonctions qui ne servent pas au combat ou à la fuite sont ralenties. Puis les surrénales libèrent du cortisol, qui va gérer cet état de stress, réguler les flux d’énergie, et donc soutenir le corps dans sa réaction.

Le stress positif, eustress ou zone optimale de performance, permet d’être réactif, efficace, au mieux de sa forme. Un surcroit momentané de travail, un examen, une compétition bénéficieront de cette « poussée d’adrénaline » qui va stimuler corps et mental.

Cet état ne doit pas trop durer dans le temps. Quelques jours sont déjà une longue durée : lorsque le cortisol a atteint un certain niveau, il réprime les réactions immunitaires pour qu’elles ne s’attaquent pas à nos propres cellules, il diminue l’afflux d’énergie, permettant un retour à la normale. Mais si l’état de stress s’installe, il vous épuise (distress*), le système immunitaire est inhibé, laissant la voie libre aux germes pathogènes, et donc aux infections. Si cet état dure plusieurs mois, le système immunitaire peut s’emballer et attaquer notre propre corps, donnant des maladies auto-immunes. Des foyers inflammatoires au niveau des vaisseaux peuvent déclencher AVC3 ou infarctus. L’état de stress permanent peut aussi conduire au burn-out, à la dépression, à un état d’anxiété chronique.

On est bien conscient qu’il ne faut pas laisser cet état s’installer mais comment agir ?

Dans le cas où bien évidemment on ne peut pas supprimer la source de stress, (à moins de changer de vie, ce qui est un autre sujet), il s’agit de le gérer. L’hygiène de vie est un facteur primordial. Le sport, l’alimentation, le sommeil, une vie sociale, mais aussi une pratique telle que yoga, musique, méditation, psychothérapie, tous ces moyens et d’autres encore permettent d’éviter ou de guérir les effets nocifs du stress sur le corps. Vous êtes aussi un acteur de ce stress. Bien souvent vos propres exigences envers vous-même en aggravent les effets. Avant de tarir vos ressources sous une surcharge de travail, prenez du recul et posez vous les bonnes questions.

Les premiers pas : prenez des pauses quand vous sentez la tension monter ou l’épuisement vous gagner, plusieurs respirations amples, une boisson chaude apaisante (Lavande, Tilleul). Si vous le pouvez, faites un mini-massage au niveau du plexus solaire avec 2 gouttes d’huile essentielle de Lavande vraie. Profitez de ce moment de calme relatif pour prendre la décision de vous faire aider : vous n’êtes pas seul, parlez en à votre médecin, votre thérapeute. Dans le panel de thérapies existantes, vous trouverez celle qui vous convient.

Servez vous du stress mais ne le laissez pas vous asservir.

Christine Hanras, Docteur en Pharmacie.

 

* Eustress, distress (en anglais) : on distingue stress positif et négatif, selon que l’organisme réagisse à une sollicitation et adapte sa réaction (eustress) ou bien que cet état se prolonge et épuise les ressources (distress).

1 : Le burn-out ou consomption, est un épuisement des ressources du corps et du mental du à une surcharge d’activité. C’est littéralement se consumer.

2 : les hormones sont des messagers, sécrétés par certaines de nos glandes, agissant à distance dans tout le corps.

3 : Accident Vasculaire Cérébral.